Celle qui survivait à Noël… encore une fois
On va être honnêtes : tu n’as jamais vraiment aimé Noël.
Pas parce que tu es “compliqué(e)”, ni parce que tu veux jouer l’original, mais parce que cette période, pour toi, a toujours eu une intensité qui dépasse largement les guirlandes et les playlists de Mariah Carey.
Noël, dans l’imaginaire collectif, c’est la chaleur, les retrouvailles, les familles qui s’embrassent, les tables qui débordent, les photos où tout le monde fait semblant d’être parfaitement heureux.
Et toi, pendant longtemps, tu t’es demandé ce que ça faisait d’être cette personne qui adore ça, qui attend décembre avec impatience, qui parle de “l’esprit des fêtes” les yeux brillants.
Ce n’est pas ton cas.
Ça ne l’a jamais vraiment été.
Pour toi, Noël a toujours été un mélange de pression sociale, de faux sourires, d’émotions qui remontent trop vite. Un moment où tout le monde semble vivre quelque chose d’un peu sacré… sauf toi.
Un moment où on te demande d’être disponible, enthousiaste, quand au fond tu ressens surtout le besoin d’être au calme, ou de mettre un peu de distance avec l’agitation.
Et puis il y a le poids silencieux des absences.
Ces personnes qui ne sont plus là, ces liens qui ont changé, ces traditions qui se sont effritées.
Noël vient appuyer exactement là où ça fait encore un peu mal. Là où le manque se réveille. Là où, même entouré(e), tu peux ressentir une forme de décalage, comme si tu n’étais pas vraiment connecté(e) au moment.
Tu observes les autres se réjouir, rire, s’embrasser, se retrouver.
Et tu te demandes si un jour tu ressentiras ça de manière fluide, naturelle.
Parce que pour toi, les fêtes, ce n’est pas un moment de retrouvailles idylliques. C’est un terrain émotionnel sensible, fragile, où tu navigues comme tu peux.
Alors tu fais ce que tu as appris à faire avec les années :
tu avances doucement.
Tu te présentes quand même.
Tu participes un peu, tu te retires un peu.
Tu donnes ce que tu peux offrir ce jour-là, avec sincérité, même si ce n’est pas grand-chose.
Tu gères les conversations qui t’épuisent.
Tu absorbes les souvenirs qui reviennent sans prévenir.
Et tu t’accordes le droit de ne pas aimer Noël, tout simplement.
Parce que tu n’es pas obligée d’aimer ce que tout le monde semble adorer.
Tu n’es pas obligée de ressentir cette joie “collective” qui ne te ressemble pas.
Tu n’es pas obligée de cacher que, pour toi, ces journées réveillent des choses profondes, parfois lourdes, parfois tendres, parfois juste… trop.
Et pourtant, tu traverses malgré tout.
Avec douceur.
Avec une forme de courage calme.
Avec cette honnêteté intérieure qui te pousse à dire : “Je suis là, mais je fais comme je peux.”
Ce n’est pas spectaculaire.
Ce n’est pas instagrammable.
Mais c’est vrai.
Et quelque part, au milieu de cette vérité un peu brute, tu finis toujours par trouver un micro-moment qui t’appartient :
un regard doux, un sourire inattendu, une lumière tranquille, une seconde où tu te sens apaisée pour rien de particulier.
Pas une magie hollywoodienne — juste quelque chose de simple, de réel.
Alors oui, Noël n’est pas ton moment préféré.
Il ne le deviendra peut-être jamais.
Mais tu apprends à le traverser à ta manière, sans te forcer, sans chercher à coller à une image qui n’est pas la tienne.
Et chaque année, tu le fais un peu plus librement, un peu plus en accord avec qui tu es vraiment.