Billets d'humeur

7 choses que vous ne voyez pas sur mes photos

La vraie vie ce n’est pas ce qu’on poste. C’est ce qui se passe entre les photos. Les moments qu’on ne filtre pas, qu’on ne partage pas. Parce qu’ils sont trop banals ou trop difficiles à mettre en mots.

Voici ce que vous ne voyez pas sur les miennes.

1. Le deuil au quotidien

Le deuil ne ressemble pas à ce qu’on imagine. Ce ne sont pas que les grands effondrements ou les dates anniversaire. C’est aussi, et surtout, les journées ordinaires.

C’est avoir une question, une nouvelle, un truc à raconter. C’est prendre son téléphone sans même réfléchir, chercher le contact. Et alors que tu commences à taper, c’est réaliser quelque part entre l’écran qui s’allume et le prénom qu’on cherche que ce n’est plus possible.

C’est les dates qui reviennent. Leur anniversaire, le tien. Et personne autour de toi qui s’en souvient vraiment. Pas parce qu’ils s’en foutentm mais parce que le temps passe et que les gens ont leur propre vie.

Et puis il y a cette réalisation, un jour, qu’on n’est plus la fille de personne. Ce filet de sécurité (même symbolique) qui n’est plus là. Faire son deuil ne veut pas dire s’y habituer. Ça veut dire continuer à avancer. Même quand t’as pas envie.

2. La fatigue des recommencements

Recommencer après une expatriation c’est courageux. Tout le monde te le dit. Et c’est vrai. Mais ce que personne ne dit c’est que le courage, ça fatigue.

Rentrer en France après des années à l’étranger c’est repartir de zéro sur beaucoup de choses. Changer de ville, recréer un cercle social, redire son histoire. Réexpliquer ta vie à chaque nouvelle rencontre, d’où tu viens, pourquoi tu es partie et surtout pourquoi tu es revenue. Sourire, faire bonne impression. Et recommencer à construire ce qui t’avait pris des années.

Il y a des soirs où tu es fière et épuisée en même temps. Où tu n’as plus envie d’être courageuse. Où tu aimerais juste que quelqu’un connaisse déjà ton histoire sans que tu aies à tout réexpliquer.

3. Le doute sur la carrière / la reconversion

La recherche d’emploi après 40 ans c’est un sport de haut niveau que personne ne t’a appris. T’envoies des mails dans le vide. Tu attends. Tu relances poliment. Tu attends encore. Tu doutes et puis tu recommences.

Et entre deux silences radio tu commences à remettre en question pas juste le CV, mais tous les choix qui t’ont amenée là. La ville. Le pays. Les années passées à construire quelque chose que tu dois maintenant vendre en trois lignes à quelqu’un qui ne te connaît pas.

Le doute dans la reconversion professionnelle c’est ça : se demander si t’as fait les bons choix à 2h du mat. Comme si c’était le bon moment pour y répondre. Comme si t’avais une réponse de toute façon.

4. L’alimentation émotionnelle

Le frigo ouvert à 22h ce n’est pas vraiment la faim. C’est juste que des fois on ne sait pas quoi faire d’autre avec ce qu’on ressent.

L’alimentation compulsive ou émotionnelle c’est chercher dans la nourriture ce qu’on n’arrive pas à demander aux gens. Du réconfort. De la douceur. Quelque chose qui comble sans qu’on ait à expliquer ou à être vulnérable.

Alors on grignote devant la télé. Une série, un paquet ouvert, le son pour ne pas entendre le silence. Ce n’est pas de la gourmandise. C’est de la survie émotionnelle. Et je pense qu’on est beaucoup plus nombreuses à faire ça qu’on ne le dit.

5. La discipline dans les coulisses

Vous voyez les couchers de soleil. Pas les 6h du mat sur un plateau quand tout le monde dort encore. Pas les 18h de tournage où tu gères des imprévus en continu, sans pause, avec le sourire parce que c’est ton job et que l’équipe a besoin que tu tiennes.

Les décisions à prendre quand tout le monde te regarde. La fatigue que tu ravalles parce que ce n’est pas le moment.

Ce n’est pas glamour. Mais c’est ce que j’aime.

6. La solitude choisie

Boire un café seule. Faire un ciné seule. Voyager seule. En vrai je l’ai toujours fait. Mais pendant longtemps j’osais pas le dire. Comme si ça voulait dire que quelque chose clochait.

Mais non. J’avais juste pas envie d’attendre que quelqu’un se libère pour vivre ma vie.

La solitude choisie ce n’est pas un aveu d’échec. C’est un espace à soi. Et j’ai mis du temps à comprendre la différence entre être seule et se sentir seule. Ce sont deux choses très différentes.

7. L’envie de se réinventer à 40 ans

Je suis rentrée en France après 8 ans à l’étranger. Pas par obligation. Par envie de quelque chose de différent. Même si je ne savais pas encore très bien quoi.

Se réinventer à 40 ans ce n’est pas changer qui tu es. C’est se demander qui tu veux être maintenant. Dans cette ville, dans cette vie, à cet âge. Il y a des jours où c’est excitant. Il y a des jours où tu regardes les autres et tu as l’impression qu’ils ont tous un plan sauf toi.

Mais je commence à croire que construire en avançant ce n’est pas plus mal. Même sans savoir exactement où on va.

C’est ça aussi une vie. L’entre-deux. Pas que les belles photos. 🤍

Et si vous êtes arrivées jusqu’ici — c’est peut-être parce que vous aussi vous vivez dans cet entre-deux. Alors bienvenue dans ma vie 😉

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