Voyager seul-e quand on a peur de tout
Voyager seul-e quand tu as peur de tout, c’est possible sans te forcer à devenir un-e aventurier-e intrépide.
Mais ton cerveau se met en mode film catastrophe dès que tu ouvres Skyscanner. Tu as peur de tout : l’avion, l’hôtel, les gens, de te perdre, de t’ennuyer, de faire une crise d’angoisse en plein aéroport.
Pas de panique (haha), ce n’est pas un signe que tu dois rester chez toi à vie. C’est juste ton cerveau qui surchauffe un peu trop vite. On va le calmer ensemble, sans te dire de « penser positif ». L’idée, c’est de transformer cette machine à scénarios noirs en alliée pour un voyage solo qui te ressemble.
Tes peurs ne sont pas le problème
Au lieu de te répéter que tu es « ridicule » d’avoir peur, essaie de regarder tes angoisses comme une liste de choses à sécuriser. Tu as peur d’être agressé-e, de te perdre, de tomber malade, de faire une crise d’angoisse ? Normal, ton cerveau fait ce pour quoi il est programmé : imaginer le pire. Le truc, c’est qu’il oublie toujours d’inventer la version où tout se passe bien, où tu bois un café en terrasse en mode héros-ïne de film. Alors on va l’aider en mettant un peu d’ordre dans ses scénarios catastrophes, un par un, au lieu de les laisser tourner en boucle.
Choisir un premier voyage qui ne te terrorise pas
Pas besoin de backpacker trois mois en Thaïlande pour te lancer. Choisis un spot doux : une ville à deux heures de train, un week-end en bord de mer pas trop loin, ou même une nuit dans un hôtel sympa de ta région. Opte pour un endroit avec des transports simples et clairs, un hôtel bien noté en centre-ville, et surtout une langue que tu captes à peu près. Ce n’est pas « moins bien », c’est malin : tu te prouves que tu peux y arriver sans te jeter dans le grand bain. Ton premier solo, c’est pour gagner en confiance, pas pour impressionner Instagram.
Ton côté stressé peut t’aider (vraiment)
On t’a sûrement déjà charrié sur ta manie de tout prévoir ? Bonne nouvelle : pour voyager seul-e, ça va être une grande qualité. Utilise-la : note le trajet aéroport-hôtel avec captures d’écran offline, vérifie le quartier de ton logement, garde les copies de tes papiers dans ton mail, préparer un petit dossier avec adresses utiles, numéros d’urgence, itinéraire du premier jour. Ajoute des applis rassurantes (cartes hors ligne, traducteur). Et non ce n’est pas « être parano », tu arrives ainsi sur place avec un filet de sécurité qui te libère l’esprit. Plus tu as travaillé en amont, moins ton cerveau aura besoin de t’assommer de « et si… ».
Si l’angoisse débarque en plein voyage
Je te préviens tout de suite : elle va probablement pointer le bout de son nez, que ce soit dans l’avion ou le premier soir dans ta chambre. Ne te traite pas de nul-le pour autant – c’est juste une vague qui passe, et ton système nerveux qui s’ajuste. Calme-le avec des basiques : respire lentement (inspiration 4 secondes, tu bloques 4 secondes, expiration 6-8 secondes), lance ta playlist cocon, regarde une série réconfortante, déverses dans un carnet tout ce que tu ressens… Et rappelle-toi que tu as toujours le droit de demander de l’aide : à la réception de l’hôtel, à un chauffeur de taxi, à un médecin, à un proche au téléphone. Partir seul-e ne veut pas dire tout gérer seul-e en silence.
Te protéger sans tout dramatiser
Tu n’as pas à jouer les héros-ïnes pour être légitime. Choisis un hébergement avec de super avis, rentre avant la nuit si les rues te semblent vides, fais confiance à ton intuition pour changer de trottoir ou zapper un plan foireux (surtout pour vous mesdames). Partage ta géolocalisation avec quelqu’un si ça te rassure, et limite l’alcool avec des inconnus. Ce n’est encore une fois non pas de la parano, mais du bon sens léger. Ton bien-être passe avant tout. Si tu ne le sens pas, tu ne le fais pas. Point.
Seul-e, mais pas vraiment
La grande peur cachée derrière toutes les autres, c’est souvent celle-là : « et si je m’ennuie, et si je me sens seul-e ? ». Le voyage solo, c’est un tête-à-tête avec toi-même, oui, mais pas une condamnation à l’isolement. Tu peux alterner moments seul-e et moments avec d’autres : réserver une visite guidée, un cours de cuisine, un free tour, discuter deux minutes avec le serveur du café. Et quand tu es seul-e, ce n’est pas un échec, c’est juste un moment que tu occupes comme tu veux : lire dans un parc, profiter d’un musée à ton rythme, regarder les gens passer ou prendre cent photos nulles du même coucher de soleil.
Alors prêt-e à tester ?
Si tu sens que tout ça te parle mais que tu ne sais toujours pas par où commencer, essaie ça : choisis une destination douce, pour deux ou trois jours, pas trop loin. Réserve un logement qui t’inspire confiance, avec de bons avis. Prépare ton arrivée au détail près, du moment où tu atterris jusqu’à ta première nuit. Note dans ton téléphone ce que tu feras si tu paniques (qui appeler, quoi te dire, où te poser).
Et rappelle-toi que ton objectif n’est pas de faire le voyage parfait, mais de découvrir que tu peux avoir peur… et y aller quand même.
Alors on part où ? 😉