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Celle qui avait toujours un billet d’avion dans un coin de la tête

Cette envie de tout lâcher pour un billet d’avion, qui te chatouille par moments, tu la reconnais ? Elle surgit sans prévenir, au milieu d’une journée morose, et te glisse à l’oreille : « Et si tu décollais loin d’ici ? » Pas forcément demain matin, mais toujours là, en fond d’écran mental, prête à prendre le dessus au premier signe de ras-le-bol.

Le voyage n’est pas une parenthèse dans ta vie, c’est ta vie elle-même. À peine les valises rangées, tu sens déjà le prochain appel. Cet avion qui décolle dans ta tête, c’est ton état normal, pas une exception.

Tu rentres d’un trip – disons Lisbonne, ces rues pavées, l’odeur du pasteis de nata encore dans les narines. Tu déposes ton sac, tu reprends le métro, le boulot, les courses. Et deux jours plus tard ? L’envie te reprend. Pas une lubie passagère, mais une certitude : tu es toujours à un billet d’avion près. Un clic, et te voilà ailleurs.

C’est toi, cette version de toi qui vit avec les valises toujours à moitié prêtes. Tu n’as pas besoin de tout vendre pour être voyageuse. Ton quotidien a ses racines – boulot, amis, appart –, mais tes ailes restent déployées. Si le taf t’use jusqu’à la moelle, si la routine te serre la gorge, une porte reste ouverte. Un aéroport t’attend, quelque part.

Le voyage fait partie de ton ADN. Il n’attend pas les grandes vacances ou l’héritage miracle. C’est ces week-ends volés – low-cost pour Barcelone un vendredi soir, improvisé en Toscane pour respirer l’air pur. Ces escapades rechargent tes batteries, élargissent tes poumons, te rappellent que le monde est grand et ta vie plus vaste que ton canapé. À peine revenue, tu scannes déjà les promos, parce que l’ailleurs te manque déjà.

Ce n’est pas de l’irresponsabilité, c’est ta liberté intérieure. Rester, c’est un choix conscient, pas une fatalité. Ce billet virtuel te donne une force tranquille : tu oses dire non aux compromis pourris, négocier tes conditions sans flancher, refuser le médiocre. « Je tolère ça aujourd’hui, te dis-tu, parce que demain, je peux claquer la porte et embarquer. »

Les autres te regardent parfois d’un air bizarre : « Encore un voyage ? Tu ne te poses jamais ? » Mais toi, tu sais. Tu te poses, justement. Tu chéris tes racines solides – famille, potes, habitudes qui te portent. Le voyage n’est pas une fuite, mais un garde-fou contre l’immobilisme.

À peine revenue, l’appel repart. Les photos sur ton téléphone ravivent la flamme, les stories d’inconnus sur Insta te titillent, et cette carte du monde mentale s’illumine d’un nouveau point rouge. Tu n’es pas une éternelle insatisfaite. Tu es juste bâtie pour bouger, pour te rappeler que la vie ne s’arrête pas aux frontières de ton quartier.

Un jour, peut-être, tu enchaineras les grands départs. Ou pas. Peu importe. Ta vie n’est pas une cage verrouillée, mais un avion en bout de piste, moteurs chauds, hublot ouvert. Toujours à un voyage près. Il ne reste qu’à toi de fixer l’heure.

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