The one who was looking for plane tickets rather than a job
Je viens tout juste de rentrer.
J’ai passé un mois à Montréal pour un contrat de travail, j’ai fermé une porte, traversé un océan, retrouvé la France, et me voilà officiellement de nouveau en recherche d’emploi.
La logique voudrait que je sois concentrée.
Refaire mon CV, répondre aux annonces.
Bref, continuer à construire ma nouvelle vie.
Et pourtant…
Depuis quelques jours, je me surprends à regarder des billets d’avion.
Je regarde les prix pour le Japon.
Puis pour le Costa Rica.
Parce qu’après tout, si je suis déjà en train de rêver, autant faire un tour du monde.
Je compare les escales, les compagnies aériennes… alors que je ne sais même pas où je travaillerai dans trois mois.
Et je me suis demandé si je n’avais pas un problème.
Pourquoi est-ce qu’à peine rentrée, j’ai déjà envie de repartir ?
Pendant longtemps, j’aurais appelé ça de la fuite.
Mais je crois qu’en réalité, c’est autre chose.
Quand on sort d’une grande aventure, il y a un drôle de vide qui s’installe. Pendant des mois, tout était clair : un objectif, une ville, un rythme, une direction.
Et puis, du jour au lendemain, plus rien.
Le calendrier est vide.
Les journées sont à reconstruire.
Et cette petite voix dans la tête commence à demander :
« Bon… et maintenant ? »
Alors moi, au lieu de remplir ce vide avec des certitudes, je le remplis avec des destinations.
Parce qu’un voyage, ce n’est pas seulement une fuite.
C’est une promesse qu’il y a encore quelque chose à vivre.
Je crois qu’on a tous besoin d’un horizon.
Certains s’inscrivent à un marathon.
D’autres rénovent leur maison.
Ben moi, je regarde des billets d’avion.
Parce qu’au fond, ce n’est peut-être pas le voyage que je cherche.
C’est le projet.
Cette petite lumière au loin qui te dit qu’il y a encore quelque chose qui t’attend.
Je crois qu’on sous-estime le pouvoir d’un projet. Peu importe qu’il soit grand ou petit. Il nous oblige à regarder devant plutôt que derrière.
Et finalement, ce n’est peut-être pas si incompatible avec une recherche d’emploi.
Parce que chercher du travail, c’est aussi croire qu’il existe quelque part une vie qui nous correspond un peu mieux.
La différence, c’est qu’un billet d’avion s’achète en trois clics.
La confiance en l’avenir, elle, demande parfois un peu plus de temps.
Bon. Sur ce, je vous laisse.
J’ai trouvé un aller-retour pour Tokyo à un prix vraiment intéressant.
Et puis… j’ai aussi deux candidatures à envoyer.
Il paraît qu’on peut faire les deux.